Message to those outraged by (burnt) rubbish bins

A video intervention from the Cerveaux Non Disponibles collective (the text follows in English and French) …

Before the gravity of the situation, before the social and climate emergency, we believe that you are not up to the task. You, the parties, labour unions, organisations, coordinations. You, the personalities, the representatives, the famous, the leaders.

There are millions of us who want to restart history. We are not talking about preventing neoliberal or pre-fascist reforms. No, we want to dismantle the system that produces them, before it destroys all life, all lives. We know that this cannot be done without the old world resisting, fighting, retaliating.

In France, the Yellow Vests shone a magnificent light and opened the door to this horizon, let’s say it, revolutionary. But the door has remained closed at the cost of incredible repression.

Pretending to rally this ideal, or fearing to carry it fully, the structures which have since taken over most of the ongoing struggles have too often brought with them a well-known game consisting of accepting the injunctions of power to dissociate themselves from the demonstrators considered violent.

This is nothing new, it is even completely out of date.

In a country where people are fighting against the rise of an increasingly insane authoritarianism, against racism, against police violence, against the social violence which falls on the weakest; a country where Zineb Redouane’s killer is still a CRS cop, where the police cut into the tents of migrants, where the government has taken everyone for idiots in the midst of a pandemic. You, you condemn a nurse because she threw a stone in the direction of armored policemen, you condemn a firefighter because he threw a flare, a yellow vest because he launched fireworks against the BAC [brigades anti-criminalité], and a black bloc because he struck a hammer at the window of a luxury store.

You condemn, you condemn, you condemn. Only each of your condemnations legitimises the next reform aimed at preventing us from demonstrating, the next reform that will allow you to pretend to rediscover the disgust nature of what governs us.

In reality you are helping power.

As we are allies, we will be frank. This is what pisses us off. Not the fact that you still think you can reform the system, from the inside, perhaps by drawing some interests for you and your structures, nor the fact that you still did not understand that there is no more possible negotiation at this time of the structural crisis of capitalism. No. The fact that you for better or worse take part in the repression of struggles because after all, a two-kilometre trap instead of a demonstration, it’s what it takes to prevent the rubbish bins from burning …

It doesn’t make you enemies. But know that at a time when everything seems possible, and especially the worst, we are those who do not intend to leave hope buried by moralistic judgments served on TV channels and newspapers owned by oligarchs.

We don’t lecture, we play politics, dictated by our desire to build another country, another world; to live there with dignity and to be happy there.

It seems like the question between you and us isn’t whether we’re on the same side of the barricade. If you have the time and the energy to explain how a burning BMW doesn’t serve the cause when the world is on fire, armed militias suppress all social struggles, millions of people die in silence while the billionaires are getting richer and richer … It is objectively that you are not on the barricade.

And it’s a shame because it seems to us that like us and thousands of others, that you secretly rejoiced during the most insurrectionary acts of the Yellow Vests, when Christophe Dettinger was boxing and a ministry door fell under the blows of a Fenwick.

Assume it …

From our side, we are shouting it loud. It was beautiful. It was beautiful because it tasted like hope. And to say that does not make us thirsty for violence and chaos. To say that is to know where and when power is actually wavering, even in a stealthy and localised way, and to rejoice in it.

So yes, let’s assume it. When we see revolt, our heart races, and when we see fire, our body is burning with desire for tomorrow, because we dream every day of a better world than the one that no longer holds except by force. A world of freedom. A world of solidarity. A world that is no longer governed by the profit of a few. A world where nature is at the center of collective decisions. It is for this horizon that we are fighting. That we vibrate. And it is for this horizon that destroying the old world is our dearest desire.

You know it. Beneath the civilised veneer, it is indeed in horror and nameless inhumanity that we live; the future that is taking shape in the color of the abyss. Let’s rise up together and do all we can, now, relentlessly and with love.

Face à la gravité de la situation, face à l’urgence sociale et climatique, nous pensons que vous n’êtes pas la hauteur. Vous, les partis, syndicats, organisations, coordinations. Vous, les personnalités, les représentants, figures, les têtes.

Nous sommes des millions à vouloir remettre l’Histoire en marche. On ne parle pas d’empêcher des réformes néolibérales ou pré-fascistes. Non, nous voulons démonter le système qui les produit, avant qu’il ne détruise toute la vie, toutes les vies. Nous savons que cela ne pourra se faire sans que l’ancien monde résiste, se batte, riposte.

En France, les Gilets Jaunes ont fait briller une lueur magnifique et entrouvert la porte de cet horizon, disons le, révolutionnaire. Mais la porte est restée fermée au prix d’une répression inouïe.

Feignant de rallier cet idéal, ou craignant de le porter pleinement, les structures qui ont depuis repris en main l’essentiel des luttes en cours ont trop souvent amené avec elle un jeu bien connu consistant à accepter les injonctions du pouvoir à se désolidariser des manifestants considérés comme violents.

Ça n’est pas nouveau, c’est même complètement périmé.

Dans un pays où des personnes se battent contre la montée d’un autoritarisme de plus en plus fou, contre le racisme, contre les violences policières, contre la violence sociale qui s’abat sur les plus faibles. Un pays où l’assassin de Zineb Redouane est toujours CRS, où la police entaille les tentes des migrants, où le gouvernement a pris tout le monde pour des cons en pleine pandémie. Vous, vous condamnez une infirmière parce qu’elle a jeté une pierre en direction de policiers en armure, vous condamnez un pompier parce qu’il a jeté un fumigène, un gilet jaune parce qu’il a lancé des feux d’artifice contre la BAC, et un black bloc parce qu’il a donné un coup de marteaux dans la vitrine d’un magasin de luxe.

Vous condamnez, vous condamnez, vous condamnez. Seulement chacune de vos condamnations légitime la prochaine réforme visant à nous empêcher de manifester. Prochaine réforme qui vous permettra de feindre de redécouvrir la dégueulasserie qui nous gouverne.

En réalité vous aidez le pouvoir.

Comme nous sommes alliés, nous allons être franc. C’est ça qui nous emmerde. Pas le fait que vous pensiez encore pouvoir réformer le système, de l’intérieur, peut-être en y tirant quelques intérêts pour vous et vos structures, ni le fait que vous n’ayez toujours pas compris qu’il n’y a plus de négociation possible à ce moment de la crise structurelle du capitalisme. Non. Le fait que bon gré mal gré vous participiez à la répression des luttes parce qu’après tout, une nasse de deux kilomètres à la place d’une manifestation, il faut bien ça pour empêcher les poubelles de bruler…

Ça ne fait pas de vous des ennemis. Mais sachez qu’à une époque où tout semble possible, et surtout le pire, nous sommes de ceux et celles qui ne comptent pas laisser l’espoir enterré par des jugements moralisateurs servis à des chaînes télé et des journaux propriétés d’oligarques.

Nous ne faisons pas de morale, nous faisons de la politique, dictée par notre envie de construire un autre pays, un autre monde. D’y vivre dignement et d’y être heureux.

Il semble que la question entre vous et nous n’est pas de savoir si nous sommes du même coté de la barricade. Si vous avez du temps et de l’énergie pour expliquer en quoi une BMW qui brule ne sert pas la cause alors que le monde brule, que des milices armées répriment toute les luttes sociales, que des millions de personnes crèvent en silence pendant que les milliardaires s’enrichissent de plus en plus… C’est objectivement que vous n’êtes pas sur la barricade.

Et c’est dommage car il nous semble que comme nous et des milliers d’autres, vous avez secrètement jubilé lors des actes Gilets Jaunes les plus insurrectionnels, quand Christophe Dettinger boxait et qu’une porte de ministère tombait sous les coups d’un Fenwick.

Assumez…

De notre coté nous le crions. C’était beau. C’était beau parce que ça avait la saveur de l’espoir. Et dire cela ne fait pas de nous des assoiffé.es de violence et de chaos. Dire cela c’est savoir où et quand le pouvoir vacille réellement, même de façon furtive et localisée, et c’est s’en réjouir.

Alors oui, assumons. Quand nous voyons de la révolte, notre cœur s’emballe, et quand nous voyons du feu, c’est notre corps qui brule de désir pour demain, parce que nous rêvons tous les jours d’un monde meilleur que celui qui ne tient plus que par la force. Un monde de liberté. Un monde solidaire. Un monde qui ne soit plus régi par le profit de quelques uns. Un monde où la nature est au centre de décisions prises collectivement. C’est pour cet horizon que nous nous battons. Que nous vibrons. Et c’est pour cet horizon que détruire l’ancien monde est notre désir le plus cher.

Vous le savez. Sous le vernis civilisé, c’est bien dans l’horreur et l’inhumanité sans nom que nous vivons. Le futur qui se dessine à la couleur de l’abîme. Soyons ensemble à la hauteur et faisons tout notre possible, maintenant, sans relâche et avec amour.

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